Je hais les blogs et les blogueurs

Je hais les blogs et les blogueurs. Et voici que je m’apprête à raconter mes aventures éditoriales. Mais que de temps pour m’y résoudre ! Deux ans ont passé depuis que j’ai envisagé pour la première fois de me faire publier et, pendant ces longs mois, j’ai souvent projeté d’entreprendre ce blog ; chaque fois, une sorte de honte et de dégoût m’en ont empêché. Eh quoi ? Faut-il narrer par le menu tant de détails insipides, de pensées insignifiantes pour « paraître » enfin écrivain aux yeux des autres ? Le travail de l’ombre et la publication ne suffisent-ils pas ? Je gage que si. Mais peut-être suis-je le seul.

J’ai longtemps considéré les blogs comme un prolongement naturel de facebook, comme si la logique de l’égocentrisme et du narcissisme était soudain poussée à son paroxysme ; vous avez bavé devant mes photos de vacances en Australie ? Venez lire mon blog, j’ai tant de choses à dire, tellement plus à montrer ! Je vous parlerai de politique, je donnerai mon avis sur le mariage pour tous (je suis pour, comme tout le monde, mais je le dirai quand même), je partagerai mes lectures. Encore mieux, je vous donnerai mes conseils pour être publié ! Les mêmes conseils qu’on trouve partout sur le net, certes, mais ça vous rassurera de les lire, ça vous rassurera d’apprendre (pour la millième fois) comment écrire un synopsis et une lettre d’accompagnement. Je ferai tout ça.

Je ferai tout ça alors que, comme les autres, je n’ai aucune légitimité pour le faire. Je n’ai quasiment rien publié. Je n’ai pas la science infuse. En fait, les auteurs qui auraient vraiment des choses à dire, de vrais conseils intéressants pour les jeunes auteurs ne possèdent pas de blog ; ils n’en ont pas le temps. Ce sont ceux qui n’y connaissent rien, au monde de l’édition, qui tiennent des blogs. C’est même à ça qu’on les reconnaît. Des incapables.

Et pourtant, je le fais. Je dois l’avouer : comme tous les égocentriques, j’ai des choses à dire, j’ai des conseils à donner, j’ai des livres à promouvoir. Alors je le fais : j’ouvre ce blog. Un blog inutile parmi cent mille autres.

J’exagère un peu. Je travaille dans l’édition. J’ai la chance de connaître les deux côtés : la place de l’auteur et celle de l’éditeur. Alors j’essaierai d’être utile. Au moins un peu. D’avance, pardonnez toutes les fioritures autour ; je suis un blogueur, maintenant. J’écris forcément au moins un peu de la merde.

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