Le don n’existe pas, le non marchand, oui !

Je ne veux pas vous parler du don en général. Ce serait bien trop long. Plus simplement (encore que), c’est du don dans le domaine de la création que j’entends discuter ici. J’entends en discuter parce que la question m’intéresse, mais aussi parce qu’elle agite la toile depuis un certain temps. Il n’est pas un jour sans que les valeureux Neil Jomunsi, Thierry Crouzet et bien d’autres n’empoignent leur épée et partent à la défense du commonisme, ce système de partage non marchand, généralement sous licence, des œuvres de l’esprit. Il n’est pas un jour sans que leur croisade ne provoque, en réaction, la levée de boucliers des tenants du système actuel ; en un mot, des tenants du marché de la création.

Aux premiers, qui entendent se servir d’Internet pour dégager plus de liberté de circulation des œuvres (et en particulier des textes), les seconds répondent par la peur. La peur que le commonisme ne réduise un peu plus les auteurs à l’état de victimes du système, créateurs bénévoles payés au « like » et au « retweet ». Or, chacun le sait, on ne mange pas avec un like, pas plus qu’avec un tweet.

Quoi que…

Donner n’est pas faire un don

Tout le débat tient, selon moi, en un mot : le don. Ce que reprochent les adversaires du commonisme à ses partisans, c’est de vouloir extraire la création du système marchand pour, simplement, la transformer en don. Un don honorable, méritoire aussi, mais un don qui aura la funeste conséquence, en plus de dévaluer totalement l’art en le « bradant » à l’opinion public, d’appauvrir les auteurs en empêchant leur rémunération. Internet, ce serait ça : le temple du gratuit, le paradis du consommateur et l’enfer du producteur.

Sauf que ces adversaires oublient deux choses. Ils oublient de faire preuve de bon sens, d’abord, mais aussi un siècle d’anthropologie sociale. Le don, c’est probablement le concept le plus travaillé par les sciences humaines depuis Marcel Mauss. Or en un siècle de théories plus ou moins fumeuses, il est un point sur lequel nos amis de l’Université et du Collège de France sont à peu près tombés d’accord : le don n’existe pas. Ou plutôt, il n’existe plus. En tout cas, on n’arrive plus à le trouver, où que porte notre regard.

Je m’explique. L’anthropologue Alain Testart a récemment montré qu’il existait une confusion, dans la langue française, entre « le don » et « le fait de donner ». En effet, et contre toute vraisemblance, don et donner n’ont pas exactement la même racine. Don est issu de donare, « faire une donation », quand donner est issu d’un mélange entre donare et dare, « transférer un bien ». Ainsi, le verbe donner n’implique pas nécessairement un acte gracieux : Alain Testart prend l’exemple, brillant, du client qui demande à son boucher « de lui donner deux côtes de porc ». À aucun moment cette demande n’implique un don, puisque le client paiera, de toute façon, ses côtes de porc (sauf accord préalable avec le boucher, mais cela ne nous regarde pas). Et Testart de conclure : « le verbe donner peut donc s’appliquer à n’importe quel transfert et pas seulement au don».

C’est bien là qu’est la subtilité du commonisme. En livrant son œuvre, l’auteur commoniste ne fait pas un don, il donne (sous licence) l’œuvre aux lecteurs. L’acte n’est pas gracieux dans la mesure où le créateur a, souvent, une petite idée derrière la tête (devenir célèbre étant la plus fréquente). Il s’est contenté de transférer sa création en espérant un retour ; retour en notoriété d’abord, en espèces sonnantes et trébuchantes ensuite.

Mais il me faut dès maintenant répondre à une objection que vous ne manquerez pas d’opposer. Si l’auteur « espère un retour » et « ne l’exige pas », c’est bien que son acte est un don ! Car la définition du don selon l’anthropologie est claire : un don est une cession de bien dont on ne peut pas exiger la contrepartie. Sauf que la contrepartie se situe parfois dans les détails, et c’est dans les détails, on le sait tous, que le diable se cache. Imaginons le cas d’un auteur commoniste qui proposerait son œuvre en téléchargement libre depuis son site Internet. Je prétends que le simple fait, pour l’internaute-lecteur, de devoir cliquer sur un bouton pour lancer le téléchargement est une contrepartie ! Et une contrepartie exigible, puisque s’il ne clique pas, le lecteur ne peut pas se procurer le texte.

Cette contrepartie peut vous sembler dérisoire, mais elle est au contraire très précieuse pour le créateur. Tous les jours sur twitter, je vois des auteurs se vanter d’avoir « déjà 3 000 téléchargements » de leur livre, disponible sur Amazon pour 0,00 €. Le nombre de téléchargements, tout comme le nombre de vues d’une page Internet, constitue une richesse pour l’auteur ! C’est parce que les fan fictions de Stephanie Meyer ont été lues des dizaines de milliers de fois sur son blog qu’un éditeur a proposé d’éditer Twilight. Dès lors, et même en « donnant » son œuvre, le commoniste engendre un bénéfice. Libre à lui de transformer ensuite ce bénéfice en bénéfice de prestige, en bénéfice financier, en bénéfice de notoriété…

Dès lors, et il s’agira de ma conclusion provisoire, je veux dire aux craintifs du commonisme de calmer leurs ardeurs : le système création → plébiscite → gain pécunier est loin d’être enterré ; les auteurs gagnent simplement, avec le numérique, la possibilité de l’exploiter eux-mêmes sans passer par la case éditeur. Dans ses fondements, le principe du marché littéraire reste le même. Donner son œuvre n’est pas l’abandonner ; elle est toujours exploitée dans sa dimension morale et, bien souvent, dans sa dimension économique.

À la recherche du non-marchand

Je voudrais toutefois pousser la réflexion un peu plus loin, car je pense que cet élan commoniste interroge plus profondément nos sociétés et nos modes de production des richesses que s’il s’agissait d’une simple bataille visant à évincer l’éditeur et les plateformes-librairies de l’équation. Si j’ai bien saisi la pensée d’un Thierry Crouzet, l’idéal est, à terme, d’insérer un peu (voire beaucoup) de non-marchand dans une société globalisée, mondialisée, capitalisée, qui ne connaît plus que l’échange marchand (et qui, par extension, ne connaît plus le don).

En somme, il est question de replacer la liberté, la spontanéité, l’amour, aussi, dans la relation qui unit l’auteur et ses lecteurs. Je crois cette ambition réalisable : après tout, le règne du « tout marchand » ne date que du XIXe siècle et de la révolution industrielle. Comme tout modèle économique, celui qui régit nos vies à l’aube du troisième millénaire n’a pas vocation à être éternel (et il y a déjà quelque temps qu’on constate son essoufflement et la souffrance qu’il sait provoquer). Une autre façon de consommer est possible, il en va de même pour la consommation de l’art. D’ailleurs, n’est-ce pas l’économie de marché qui a fait de l’art un produit de consommation ? La solution ne sera peut-être pas de consommer la création autrement, mais tout simplement de ne plus la consommer. Gageons qu’en faire un bien commun, comme le propose le commonisme, y aiderait beaucoup.

Du rêve symétrique

Toutefois, je conclurai mon propos en m’inscrivant en faux contre l’une des idées que véhiculent un certain nombre de commonistes ; idée qui, selon moi, n’est rien d’autre qu’une utopie digne des plus grands déphasés du mouvement hippie (rien que ça !) : je veux parler du rêve de l’échange symétrique. Parce qu’il permet un dialogue d’égal à égal entre le créateur et le lecteur, le commonisme permettrait l’émergence d’un échange symétrique entre l’auteur et son spectateur-mécène. Le premier ne serait plus cet Hephaïstos laborieux, enfermé dans sa forge, respecté autant que craint de ses admirateurs.

Je n’y crois pas du tout. Marcel Mauss l’a montré il y a maintenant un siècle : le don est par essence asymétrique. Même l’altruisme est une posture qui se révèle, in fine, asymétrique, que l’auteur du don en ait conscience ou non. Il y aura toujours ceux qui ont à offrir et ceux qui ne font que recevoir, et entre ceux-là le rapport ne s’équilibrera jamais. Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer ailleurs, je crois, profondément, que ce penchant asymétrique des échanges / des dons entre les hommes fait partie de nous, de ce que nous sommes fondamentalement. C’est justement ce penchant asymétrique qui nourrit les hiérarchies sociales, la division des tâches, l’oppression des forts sur les faibles… Malgré le commonisme, la société égalitaire ne naîtra pas ; même les communistes se sont donnés des dirigeants et des figures tutélaires !

Voilà que nous trouvons une nouvelle limite au commonisme, après la survie de la valorisation économique des créations de l’esprit. Si l’on peut se battre pour endiguer la société de marché par l’avènement du non-marchand, l’asymétrie des sociétés me paraît indéboulonnable. Encore un motif de réjouissance pour les adversaires du commonisme.

Alors, de quoi vous vous plaignez ?

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9 commentaires sur « Le don n’existe pas, le non marchand, oui ! »

  1. Moi aussi j’ai lu Testart, mais il ne parle pas de biens immatériels. Il faut lire Wikipedia pour cela.
    Parce que la copie numérique met le copieur numérique à stricte égalité du créateur (ce qui n’est pas vrai dans le monde physique), alors tout échange non marchand est déloyal, il invalide toute tentative de vente directe par le créateur du bien. On tue littéralement un marché potentiel, on tue des emplois, on tue la croissance…mais à part cela, le non marchand numérique, c’est sympathique !
    Bon, la publicité permet de rémunérer les 5% les plus débrouillards et les autres n’ont qu’à faire la manche numérique.
    Elle a bon dos la spéculation dans l’économie de marché physique. Je signale simplement que la dé-intermédiation numérique rend cette spéculation inopérante, un détail ! Il ne faut pas le dire trop fort, car il n’y aurait de vilain capitaliste à combattre dans le numérique, Le mouvement politique des communs perdrait de la motivation. A croire que vous être contents des abus de la finance et de l’industrie numérique, cela permet de vous poser en victime….et peut être de capter quelques dons des internautes! Cela se tient tant que le discours populiste n’est pas démasqué !
    Puis-je vous demander le montant des dons reçu pour vos travaux d’auteur ? Selon Crouzet, le don est transparent !

    1. Il semble que vous vous mépreniez. Je n’utilise ni Flattr ni aucun autre système de mécénat ; mon roman (et ce sera également le cas pour ceux à venir) est paru chez un éditeur pure player qui me verse des droits d’auteur sur chaque vente.

      À ce jour, je n’ai donc pas reçu le moindre centime sous forme de don. Le seul et unique but de cet article est de montrer que même en donnant (apparemment) son oeuvre, on peut en tirer un bénéfice, in fine financier. Il s’agit davantage d’une démonstration anthropologique que d’un plaidoyer pour le tout-gratuit. Je suis éditeur numérique, de quoi vivrais-je si tel était le cas ? Cela dit, vous n’ignorez pas que l’open access est aussi un marché : je travaille au service numérique d’une presse universitaire, c’est-à-dire que je passe le plus clair de mon temps à créer et diffuser du contenu (articles et ebooks) sur des archives ouvertes / portails universitaires gratuits. L’échange non marchand du savoir est primordial et permet à des gens de vivre sans que le lecteur ait à payer quoi que ce soit…

      À mon sens, marchand et non marchand peuvent coexister ; je pense, par exemple, que certains auteurs auraient intérêt à rendre disponibles leurs premiers textes en téléchargement gratuit. Si le « buzz » prend, une carrière est lancée. Vous oubliez, par ailleurs, les études qui montrent que pour de nombreux lecteurs, ce qui est « donné » n’a aucune valeur, la gratuité est considérée par certains comme un gage de médiocrité. Aussi, toute une frange du lectorat continuera d’aller vers l’offre marchande.

      Quant à parler d’égalité entre le copieur et le créateur numériques, elle ne tient qu’en termes économiques, et pour le cas d’une oeuvre isolée. Je pense le don de l’oeuvre comme une étape d’une carrière littéraire, pas comme un acte permanent. Je ne suis pas Mère Thérésa. Mais encore une fois, pour le moment je n’ai jamais pratiqué le commonisme, bien que j’y réfléchisse.

      1. OK, excusez ma précipitation à croire que vous vantiez le commonisme !
        Il faut bien distinguer deux productions de l’esprit. Les résultats de recherche/enseignement qui devraient être gratuits en numérique (type HAL) car nous chercheurs sommes payés par des organismes privés ou public. (Avec LaTex, le boulot de l’éditeur est quasi nul !) Évidemment que c’est du non-machand, mais le dire n’empêche pas cela: http://www.decitre.fr/livres/sociologie-des-usages-continuites-et-transformations-9782746225770.html
        L’État paye 2 fois 80€ pour l’éditeur et pour le labo qui achète le livre papier pour décorer ses armoires,…car les chercheurs travaillent sur le PDF en ligne…personne ne lit le papier. Il est là le vrai scandale du marchand !
        Pour les romans, SF en numérique, c’est une autre histoire car il y aura de moins en moins d’employeurs. Mais pour que l’artisanat numérique (voir mon blog) puisse s’épanouir, de préférence en « partage marchand » (je vous invite à googeler « Merchant Sharing Theory »), plus démocratique que l’échange marchand type biens matériel, modèle anti-démocratique quand il est extrapolé au numérique.
        Donc ce n’est pas si simple que vous croyez, ce ne sont pas les tenants du système actuels (sous l’égide du Droit d’Auteur) qui condamnent le plus les commonistes.
        Je dénonce le discours populiste à faire croire que le gratuit numérique est anodin et bénéfique à la société. En numérique, NON, le marchand et le non marchand ne peuvent pas cohabiter. Exemple sur mon dernier achat: Je voulais le livre « La capture » après la lecture du dernier mag AlterEco. C’est Google qui m’a envoyé sur une petite librairie de Quimper parce que je voulais une version sans DRM.
        http://librairieravy.numilog.com/290912/La-capture.ebook
        Content pour elle, et vous voyez que les gros Amazon/Fnac/Apple n’ont pas été avantagé sur cet exemple. Si j’avais mis « free » dans ma requête et qu’un site légal de torrent me le propose gratuitement, la pauvre librairie de Quimper n’aurait pas eu ma commande.
        Donc le plus grand danger, c’est la demande de légalisation du partage non marchand.
        Si vous dites que le « non marchand » existe comme on dirait qu’un « régime totalitaire » existe, alors OK, mais je vous ai trouvé assez complaisant avec les commonistes.
        Il faut que je regarde vos posts sur l’impression à la demande, je pense qu’on est sur la même ligne et vous me trouverez surement moins critique !

      2. Pour être clair, mon article parait d’un simple constat : nombreux sont les auteurs à donner ou à vendre leur oeuvre pour une bouchée de pain (les fameux romans à 0,99 € en auto-publication). La vérité, c’est que beaucoup d’entre eux rêvent de gloire avant de rêver d’argent. En ce sens, tout est bon pour être lu, et l’échange non marchand se développera encore ces prochaines années, malgré vos regrets.
        Partant de ce constat, à savoir l’existence et l’extension à prévoir du numérique non marchand, j’essayais de replacer un peu de mesure dans le débat en montrant que donner pouvait être un investissement à long terme.
        Cela dit, j’entends vos réticences, que je comprends en partie. Mais concernant votre exemple pour le livre La capture, n’est-ce pas à l’éditeur (ou à l’auteur s’il s’auto-publie) de décider s’il veut vendre ou donner son livre ? S’il a décidé de le vendre, vous ne devriez pas pouvoir le trouver gratuitement sur un site légal de torrent. Sinon c’est illégal, et alors c’est à la justice de punir / d’ordonner l’indemnisation.

  2. J’ai surement manqué de clarté en voulant condenser mon propos en quelques lignes !
    Oui actuellement, si un auteur « cède » son œuvre gratuitement, il attire plus de monde, à cause du « paywall » (sortir sa CB, recevoir un SMS, tapez 10 clics de plus) en fait fuir plus d’un, plus que le prix en soit.
    Mais il faut imaginer que le Net pourra (espérons bientôt!) techniquement, gratuitement (pas de commission), offrir un moyen de paiement, souvent de quelques euros/centimes, directement à l’auteur en exactement le même nb de clics que pour télécharger sur un site Pirate. Dans ces condition, il n’y aura plus de chantage fait à l’auteur; choisi entre la popularité ou l’argent, tu n’aura pas les deux !
    Je prétends qu’il peut exister un système où l’auteur gagne sur les deux tableaux, en popularité et en revenu….sans pub, sans DRM.
    Mais j’accepte volontiers la critique suivante: « Montrez nous que le Partage Marchand marche, et on en rediscute ».
    J’ai simplement une dent contre les commonistes qui demandent la légalisation du partage non marchand = légalisation du piratage var cela tuerait dans l’oeuf mon projet, non pas pour incapacité technique, mais par une décision juridique hâtive.
    Si vous arrivez à me rassurer que jamais le partage non marchand de fichiers protégés sous droit d’auteur ne sera légalisé, alors OK, je veux bien allez boire une bière avec les commonistes.

    1. De toute façon, le marché du numérique n’est pas fixé, le modèle économique se cherche encore ; gageons que vous ayez raison et que les modes de paiement soient facilités, alors nous en reparlerons.

      Que l’on soit bien d’accord sur la légalisation du piratage : admettons que vous disiez vrai et que le lobby commoniste essaye de la faire passer dans la loi. Mon dernier article dénonçait la tentation totalitaire de nos élites politiques et intellectuelles. Si une telle loi passait, ce coup de force relèverait de la même idéologie totalitaire, et je serais le premier à écrire un article dénonçant les horribles commonistes. Mais je ne sache pas que la légalisation du piratage soit leur cri de rassemblement ; en tout cas ça n’est pas celui des commonistes dont je fréquente les blogs.

      1. Autant pour moi, mais regardez ce rapport soutenu le collectif SavoirsCom1
        http://fichiers.sploing.be/r%C3%A9sum%C3%A9.pdf
        tout un chapitre dessus !
        et LQDN:
        https://www.laquadrature.net/files/R%C3%A9ponse_de_La_Quadrature_du_Net_%C3%A0_la_consultation_publique_de_la_Commission_europ%C3%A9enne_sur_la_r%C3%A9forme_du_droit_d_auteur_en_Europe.pdf
        C’est explicite sur la demande de légalisation !
        Alors s’il y a deux sortes de commonistes, qu’ils aient un peu le courage de se positionner.
        Qu’on ne me sorte pas l’argument hypocrite: « on le demande maintenant par stratégie politique mais si on a le pourvoir, on ne le demandera pas ! « (désolé je suis ingénieur, je ne pratique pas de tactique politicienne)
        Enfin, je ne crois pas nos députés assez expert su sujet pour ne pas se faire rouler par un des deux lobby (Industrie culturelle ou commonistes)

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