Tuto 01″Au secours ! » – Je suis pris pour cible par Tarentula, que faire ?

Avertissement : cet article illustré est entièrement réalisé par mes soins, ce qui signifie que j’en ai également signé les dessins et croquis. Alors je sais ce que vous allez vous dire : décidément, ce type a tous les talents ! En plus d’écrire, il a un vrai coup de crayon! Je sais, la vie est injuste, mais c’est comme ça, et quelque part je vous emmerde (cordialement, hein). Si vous ne supportez pas le génie, passez votre chemin.
Amicalement.

***

Ma nouvelle série de romans courts, éditée en ce moment chez Walrus, met en scène un personnage particulièrement épicé du nom de Tarentula. Cette jeune femme, délicieuse par certains côtés, souffre néanmoins d’une série de défauts qui risquent de la rendre urticante, pour ne pas dire mortelle, à ceux qui auraient le malheur de se la mettre à dos.

À ceux-là, donc, je veux offrir ce modeste tuto : en tant que créateur de Tarentula, je me crois mieux placé que quiconque pour vous aider à échapper à sa folie. Oui, vous avez bien lu. Le voilà, son premier gros défaut : Tarentula est parfaitement folle.

Mettons-nous en situation. Si vous lisez ce tutoriel en espérant y trouver des réponses, c’est que vous avez mis Tarentula en colère. Si vous l’avez mise en colère, c’est que vous entrez dans l’une ou l’autre de ces deux catégories :
1) Vous êtes un homme doublé d’un criminel ;
2) Vous êtes un vieux pervers dégueulasse, et vous avez eu le malheur d’adresser une remarque salace à notre jeune héroïne ; pire, vous avez tenté d’abuser d’elle.
Dans les deux cas, laissez-moi vous dire que vous n’êtes pas un type très respectable. Dans les deux cas, Tarentula va vous faire passer l’envie d’être à nouveau un connard, SAUF (car il y a toujours un sauf) si vous suivez les conseils qui vont suivre. Alors, vous vous en sortirez, peut-être, presque en un seul morceau.

Intéressons-nous d’abord, en images, à la différence entre un individu mâle normal, serein, et un individu poursuivi par Tarentula.
(note : je dessine directement au stylo parce que j’ai la classe.)

Image1Les symptômes de l’individu traqué sont clairs : stress, probables tremblements et rétrécissement de l’attribut génital. Pour comprendre cette réaction, il suffit de jeter un œil à l’arsenal que transporte Tarentula à chacun de ses déplacements ; arsenal que j’ai modestement reproduit dans le dessin suivant :

Image2Vous l’aurez compris, Tarentula a (et ce depuis toujours) une nette préférence pour les objets tranchants. Trancher, elle adore ça. Pas seulement des fruits et des légumes ; la chair, aussi. La chair surtout, devrais-je dire. Dès lors, la plupart de ses cibles optent naturellement pour la solution directement dictée par l’instinct de survie quand ils se trouvent face à elle, j’ai nommé la fuite. C’est probablement ce que vous, pauvres ignorants, choisirez également lorsqu’une furie vêtue de cuir se lancera sur vous le sabre à la main.

Autant vous le dire tout net : vous auriez tort. Vous auriez tort parce que quel que soit l’endroit où vous vous réfugieriez, Tarentula vous retrouverait. Ça ne sert à rien de discuter : c’est comme ça. Même au sommet de l’Himalaya, même au fin fond du désert, elle vous rattraperait pour la bonne et simple raison qu’elle n’a rien d’autre à foutre. Vous traquer deviendrait sa seule et unique obsession. Dans l’épisode 1 de la série, elle rattrape même des types envolés dans le futur, c’est dire ! Vous avez mieux qu’une fuite dans le temps pour vous tirer d’affaire, peut-être ? Ça m’étonnerait beaucoup.

À moins que vous ayez le pouvoir de vous rendre invisible, donc – et j’en doute -, la fuite est à oublier. Ou alors, vous pouvez décider de mourir par vous-même, avant qu’elle ne vous tombe dessus. Avouez que ça perd tout de suite de son intérêt (si ce n’est qu’en le décidant, vous pouvez éviter de souffrir ; ce ne sera pas le cas avec Tarentula). Non, décidément, il faut vous y résoudre : vous allez devoir affronter la furie. Et c’est là, justement, que vont porter mes conseils.

L’idée sera donc de vous armer, avant l’assaut, de telle sorte que vous vous rendrez intouchable, ou du moins immunisé aux sévices fétiches de notre héroïne. Car Tarentula a ses préférences en matière de torture : comme je vous l’ai dit, elle adore trancher tout ce qui dépasse, en particulier chez l’homme. La stratégie imparable est d’éliminer a priori tout membre susceptible d’être sectionné. Penchons-nous successivement sur les différents niveaux de défense à notre disposition :

 Parlons franchement, sans pincettes : systématiquement, ce sont vos couilles et votre mandrin que visera Tarentula en premier lieu. Tous les hommes sauront de quoi je parle : la simple idée de se voir privé, violemment, de sa virilité fait frémir 50% de la population mondiale. Tarentula le sait. Et elle en joue. Pour éviter un tel choc, je ne vois qu’une seule parade : se lancer dans une carrière d’eunuque. Quand je parle d’eunuques, je pense à ces hommes ayant eu la bonne idée de se faire délester de l’intégralité du bazar, testicules et verge réunis. Alors je sais ce que vous allez me dire : tu racontes n’importe quoi, Nicolas, les eunuques, on ne leur coupe que les couilles ! Je le sais bien. Mais il va falloir faire un effort, les gars : si vous gardez le reste, Tarentula aura une prise sur vous. Vous voulez lui échapper, oui ou non ? Alors écoutez-moi. Et prenez dès à présent rendez-vous chez le chirurgien.

 Vous voilà maintenant libérés d’un fardeau et, accessoirement, privés de descendance. Hélas, vous n’êtes pas encore sortis d’affaire ! Car Tarentula a plus d’un tour dans son sac. Quand elle se trouve incapable de castrer son ennemi ou qu’elle l’a simplement déjà fait, elle soulage sa colère sur le reste. Le reste, c’est tous vos autres membres. Deux bras, deux jambes. Se faire couper un bras, quand on y pense, c’est pas beaucoup plus agréable que de perdre ses couilles. Ça fait mal, ça pisse le sang, et voilà qu’on passe déjà au niveau 2 de la parade : la stratégie de l’homme-tronc. C’est pourtant évident ! Sans sexe, sans bras, sans jambes, que pourra Tarentula contre vous? Pas grand-chose, à vrai dire. Qui c’est qui fait moins la fière, avec son sabre et ses poignards, maintenant ?

 Vous pensiez que c’était dans la poche. Vous croyiez avoir blousé la femme qui, avant que vous lisiez ce tuto, vous terrorisait jusque dans vos cauchemars. Le problème, c’est qu’avec vos stratagèmes de petits malins, vous me l’avez énervée, Tarentula. Et quand elle est énervée, elle coupe tout ce qu’elle trouve.

Le problème, c’est que malgré vos efforts, il vous reste encore quelque chose à perdre. Il lui reste quelque chose à couper, à Tarentula. Votre tête, elle est toujours au sommet de votre buste, pas vrai ?

Alors c’est loupé. Je vois qu’un seul truc, si vous voulez vraiment vous en tirer. Faites-vous couper la tête. Je veux dire, demandez à un ami de vous la trancher avant que Tarentula ne vous retrouve. Pour le coup, faudrait vraiment qu’elle soit vicieuse pour trouver encore à vous emmerder.

La frise suivante récapitule les trois mécanismes de défense abordés ci-dessus.

Image3Ce tutoriel touche déjà à sa fin. J’espère que ces quelques trucs et astuces vous tireront d’affaire le moment venu. En attendant, vous pouvez retrouver Tarentula, l’épisode 1 des Time-Trotters ici, vous devriez y trouver tout plein d’autres parades efficaces.

Tiens, juste au moment où je m’apprête à publier cet article, Tarentula me souffle à l’oreille qu’il existe d’autres façons d’éviter son courroux. Je vous les liste, pêle-mêle :

  • être un enfant ;
  • être une femme ;
  • ne pas être un con.

Vous pensez pouvoir y arriver ?

Note : Les œuvres à admirer dans cet article sont sous copyright, droit d’auteur, envoûtement chamanique et coffre fort numérique. Toute reproduction, citation, regard n’ayant pas fait l’objet d’une autorisation écrite est interdit et sera poursuivi par les autorités compétentes. Elles tomberont dans le domaine public 3700 ans après ma mort, mais croyez-bien qu’entre temps, mes descendants auront milité pour que le domaine public soit devenu payant.

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