Petit Blanc – Fort-Djaba

S’il n’y avait pas eu tout le reste, j’aurais probablement aimé Fort-Djaba. On y était plutôt bien, dans le fond. Le vent ramenait sans cesse les embruns et la fraîcheur du large dans la petite baie où était construite la ville, étalée jusqu’aux limites de ce qu’avait été, autrefois, la plage. Au-delà commençaient les collines, avec elles la forêt, avec elles la fournaise. Notez, je n’y étais jamais allé, au-delà, c’étaient les autres, ceux de L’Homme nouveau, qui racontaient parfois comme c’était infernal de s’enfoncer dans la brousse, où la chaleur et les bêtes attendaient. Ce qui leur faisait dire – et à moi aussi – qu’on y était plutôt bien, à Fort-Djaba, dans le fond. Mon expérience personnelle ne m’avait offert jusqu’ici qu’un seul élément de comparaison, fort peu valable pensais-je : la mine, qui creusait la falaise à l’est, en milliers de petites cavités suintantes de sel, de tristesse et, un peu, de nickel. La mine à côté de quoi n’importe quel bordel aurait semblé le paradis. Pour trouver les plaines et les champs, où étaient le café et les grains, il fallait suivre longtemps les sentiers de la brousse, ou bien probablement creuser encore, continuer la mine pour ressortir de l’autre côté des arbres. Mon salut, ma richesse se trouvaient là-bas. Mais pour l’instant, tout le reste me retenait prisonnier de la baie.

Petit Blanc – Nicolas Cartelet
Parution le 4 septembre 2017
176 pages, 18,00 €
5,99 € au format numérique
Voir le titre sur le site de l’éditeur

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