Du croquis à la couverture – Time-Trotters, l’intégrale

Me revoilà avec un nouvel article dédié à l’élaboration d’une couverture. Après Néagè 3, c’est au tour de Time-Trotters, l’intégrale, de passer à la casserole. Après avoir paru au format numérique (aux éditions Walrus) entre mai et juillet 2014, le texte a été pris en mains par Le Peuple de Mü pour en sortir une intégrale papier, à paraître ce vendredi 6 mars 2015 (à l’occasion du festival des Oniriques de Meyzieu).

Qui dit nouvelle édition dit nouvelle couverture. Tarentula étant, de l’avis de tous, LE personnage le plus fort de la saga Time-Trotters, il nous a paru logique de la mettre à l’honneur pour la parution intégrale. Pour rendre vivante notre pulpeuse héroïne qui, je le rappelle, est catcheuse professionnelle et ex-actrice de films X, mon éditeur a fait appel à Cédric Poulat, dessinateur émérite de comics et spécialiste des femmes plantureuses à l’extrême.

L’idée était claire : nous voulions une couverture qui soit un clin d’œil assumé à Kill Bill, c’est-à-dire une Tarentula dans sa combinaison de cuir, avec son sabre, sur un fond jaune. Cédric Poulat a commencé par croquer la silhouette de l’héroïne.

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Un physique pour le moins… inquiétant.

À peu de choses près, cela me convenait tout à fait. J’ai simplement demandé que la silhouette de Tarentula soit un chouïa plus élancée. Pendant que le dessinateur faisait ses corrections, les premiers essais de placement / colorisation générale étaient réalisés.

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Ceci n’est pas la couverture finale.

Et avec le placement du titre :

TT_placementNous partions donc sur une ombre violette portée sur le fond jaune. Tout ça nous paraissait génial. La suite nous apprit, hélas, qu’entre la théorie et la pratique, il y a parfois un gouffre aussi large qu’entre le beau et le laid. En attendant, un matin de janvier, me parvint en pièce jointe d’un heureux mail l’illumination suivante :

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Et Tarentula prit vie (visuellement parlant).

Moi, j’adore. Bien sûr, certains m’en ont fait la remarque dernièrement, c’est un visuel très « 1er degré », dans le sens où ça déborde de muscles, de seins, de talons hauts et de cuir moulant. Mais il faut rappeler que le personnage de Tarentula est lui-même un personnage 1er degré, sexy à l’extrême, violent, vulgaire, raciste, et c’est précisément cette accumulation d’éléments 1er degré qui en font, in fine, une héroïne à prendre au 14ème degré. C’est la même chose pour cette couverture. Et j’en suis ravi.

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Et le violet devint rouge…

Les premiers projets de mise en page furent donc revus avec ce visuel final. Nous nous aperçûmes, à notre grand regret, que l’ombre violette était en réalité affreuse, hideuse, dégueulasse, digne des plus grandes horreurs de l’édition mondiale (j’exagère, moi ?). Le rouge, au contraire, offrait un rendu fort sympathique : nous choisîmes cette variante, en concertation avec le dessinateur et l’éditeur.

L’essentiel était fait. Restait à placer le titre et à en choisir la typo. Un jeu d’enfant pour notre ami Davy, gérant du Peuple de Mü.

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Je pense que ça devrait bien ressortir, au milieu d’une librairie…

Et voilà une affaire rondement menée. Nous voulions une couverture à la hauteur de la folie du texte, je crois que nous y sommes parvenus. Bravo, donc, à Cédric Poulat et à Davy Athuil pour leur travail formidable. Rendez-vous le 6 mars pour la sortie, en espérant que les impressions des lecteurs seront aussi bonnes à la lecture qu’à la contemplation de la Tarentule ! Pour le moment, ça commence plutôt bien…

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Du croquis à la couverture – Néagè 3

Le 25 février prochain paraîtra le troisième et dernier tome de Néagè, toujours chez Le peuple de Mü. Les derniers mois avant la parution d’un livre sont généralement assez chargés, entre les épreuves à corriger, le BAT à signer, les flyers / newsletters / résumés à valider (car j’ai la chance d’avoir un éditeur qui me consulte pour toutes ces petites choses)… Et puis, bien sûr, il y a la couverture. C’est probablement la chose la plus importante pour un auteur, et à raison : une belle couverture, c’est une chance de plus de plaire au lecteur (et l’on sait, à l’inverse, qu’une couverture ratée peut complètement plomber les ventes d’un titre). Aussi, comme la plupart des auteurs, placé-je une attention toute particulière au suivi des travaux d’illustration de mes textes. Du croquis à la couverture finale, je vous propose de suivre en images l’évolution du travail sur Néagè 3.

Mon éditeur a confié l’illustration de ce troisième tome à Cécile Morvan, qui travaille avec Le peuple de Mü depuis un bon bout de temps maintenant. Néagè 3 prend place une cinquantaine d’années après l’atterrissage du vaisseau-monde sur cette nouvelle planète. Peu à peu, les hommes redécouvrent des technologies oubliées. Une des grandes conquêtes évoquées dans ce volume est l’aviation, avec l’invention d’aéronefs hybrides, capables de naviguer sur les mers et de se propulser dans les airs. Je n’en dirai pas davantage, mais ces aéronefs ont une grande importance dans l’histoire, aussi avons-nous décidé, avec mon éditeur, d’illustrer la couverture avec l’un de ces vaisseaux. Un matin, en ouvrant ma boîte mail, j’ai donc découvert les premiers croquis de Cécile Morvan allant dans ce sens.

Même si on m’avait dit que c’était la couverture définitive, j’aurais été content.

Il me fallait donc choisir entre ces trois projets. J’avais une nette préférence pour les 1 et 3 (aux deux extrémités), et la troisième m’a finalement semblé trop « ronde », avec un profil qui me plaisait un peu moins. La première avait aussi l’avantage de montrer plus d’éléments de l’aéronef, notamment la cheminée et la superstructure (le vaisseau est muni d’ailes à hélices, mais elles sont cachées par les nuages tout autour). Le projet 1 a donc été validé, et est parti à l’encrage.

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Avouez que ça en jette.

Autant dire que ça sentait très, très bon (en tout cas moi, j’adore). Devant mon enthousiasme sans limite, mon éditeur a donné son feu vert pour colorisation. Le premier projet m’est parvenu une semaine après.

COULDans l’absolu, c’était plutôt joli, mais ça ne collait pas avec l’ambiance que j’ai voulu donner à Néagè 3. C’est une période sombre que j’ai décrite, faite de guerres, de famines, de trahisons… Les héros du livre ont hélas d’autres choses à faire de leur temps que peindre joliment la coque de leurs vaisseaux. En somme, j’ai trouvé que cette illustration avait un côté « livre jeunesse » qui ne me convenait pas. Qu’à cela ne tienne, Cécile Morvan a remis son ouvrage sur le métier ! On m’a ensuite proposé deux pistes, une de nuit, une de jour :

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Dès le premier coup d’œil, j’ai su que l’illustratrice avait saisi l’idée. C’est beaucoup plus sombre, on voit davantage de bois nu, les voiles sont sales, l’or est devenu du cuivre… J’ai été assez impressionné par la capacité de Cécile Morvan à changer totalement son fusil d’épaule, car entre la première version colorisée et celles-ci, il y a un monde au niveau de l’ambiance ! J’ai opté pour la proposition « de nuit », car le travail sur les étoiles m’a beaucoup plu (et dans un Space Opera, les étoiles ont une importance toute particulière). Après mon accord est venu le temps de la « mise en page ». Coup sur coup, on est passé d’une simple disposition du titre à la version finale (accentuation des contours, atténuation des rayons de lune…) :

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À gauche, la mise en page simple. À droite, la couverture finale. Je suis in fine extrêmement content du résultat, cela clôt la trilogie de fort belle manière ! Je prépare un article semblable pour la couverture papier de Time-Trotters qui elle aussi, je vous le garantis, envoie du lourd. La suite au prochain épisode, donc !

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Et comme j’ai toujours adoré les « couvertures complètes », avec dos et 4ème, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager celle de Néagè 3.

Europe 1 Social Club – Rêves de futurs (26/11/2014)

Ce mercredi 26 novembre 2014 à 20h, j’étais l’un des invités d’Europe 1 Social Club (Frédéric Taddeï) pour mon livre Rêves de futurs. L’occasion de revenir sur cette époque pas si lointaine où l’on croyait encore aux lendemains qui chantent…

À mes côtés étaient présents Patrick Besson, Annie Cohen-Solal, Bartabas et Vincent de Gaulejac.

>> Le lien vers le podcast <<

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